vasistas

phobia a spectacle

C’est un spectacle qui concilie deux lignes esthétiques extrêmes: l’une concrète et aseptisée : installation d’une conférence ; l’autre, sensible et intime: un univers visuel et sonore.

Phobia : un spectacle s'est créé en plusieurs étapes de résidences Berlin (Phobia : 1), Santorin (Phobia : 2), Marseille (Phobia : 3 / résidence l’Eolienne en collaboration avec le Théâtre des Bernardines), avant la première présentation du spectacle abouti en Mai 2010 Athènes en coproduction avec le Théâtre National d’ Athènes (Sighrono Theatro Athinas, du 5 au 30 Mai 2010).

Création 2010
Mise en scène: Argyro Chioti
Conception/dramaturgie/musique: vasistas
Collaboration dramaturgique Labros Hrisogonidis
Espace scénique: Eva Manidaki
Costumes: Paul Thanopoulos
Lumières: Tasos Palaioroutas
Collaboration chorégraphique: Sofia Mavragani

Avec: Naima Carbajal | Ariane Labed | Petros Stathakopoulos | Efthimis Theou | Argyro Chioti

Sociétés de contrôle. Chaque ville a son centre, sa périphérie, chacun de nous a ses points de repère, ses rues, ses quartiers, toute une vie organisée en zones de sécurité. Cherchant la cohérence et l équilibre. Cherchant des cadres d’action concrets. Obéissant à des lois et des règles. Suivant les exigences de notre temps. Flux naturel des choses: plus ces cadres de vie se figent, se cristallisent, plus ils s’assèchent par la répétition stérile, la satiété des règles, la stagnation de l’énergie. Le pouvoir (c’est a dire la majorité) vise de plus en plus au control au niveau naturel, psychique et émotionnel. Ce même homme qui cherche à intégrer ce cadre qu’on lui a fabriqué ,est celui qui asphyxie parce que les sorties de secours sont de plus en plus rares, parce qu’ il croit que le train va plus vite que lui et qu’ il reste derrière, parce que généralement et spécifiquement la réalité (et ses exigences) le dépasse et l’ aspire, parce qu’ il voulait faire autre chose que ce qu’ il fait, ou il ne fait rien du tout ; dans ces sociétés où le spectacle semble être partout et plus puissant que jamais. Tout « à vue », tout dans un « paraître ». Nous conduisant inconsciemment et aveuglement vers

l’automatisme à tous les niveaux. Là où, même dans notre maladie, il faut être quelqu’un et se comporter d’une façon spécifique, acceptant tranquillement le contrôle, la conduite, le conditionnement. Dans cette réalité je vois chacun de nous comme un tube de dentifrice fermé que l’on presse, presse, presse, et qui, faute de sortie, éclate accidentellement, sans ordre, ouvrant des fissures d’ où l’essence gicle, incontrôlable et libre. Dans « phobia : un spectacle »nous traitons les phobies commeles fissures de ce tube. Comme des fissures d’un ensemble solide, comme une alarme du corps qui essaye de nous montrer (mettre « à vue ») ou nous dire qu’ « il y a quelque chose qui ne va pas… ». Heureusement. Cela veut dire qu’il y a au moins de la vie quelque part.